lundi 28 septembre 2026

Aux confins de l'Occident et de l'Orient - 11 - Istanbul - Sainte-Sophie - Mosquée Bleue

Nous quittons le magnifique palais de Topkapi. Dans le Pass, nous avons droit à la visite de Sainte-Sophie, malheureusement elle est en restauration, donc la visite est écourtée, très écourtée.

Sainte-Sophie (Hagia Sophia) est célèbre pour son dôme central élancé, ses mosaïques étincelantes et son travail de pierre complexe. Depuis plus de 1 500 ans, il a été le témoin de la montée et de la chute des empires et reste aujourd'hui un symbole frappant du mélange unique des cultures orientales et occidentales d'Istanbul.

Son destin hors du commun commence en 537 avec son inauguration comme cathédrale chrétienne byzantine par l’empereur Justinien. En 1453, elle devient une mosquée ottomane après la prise de Constantinople. En 1934, Mustafa Kemal Atatürk la transforme en musée laïc, avant qu’en 2020 elle ne soit reconvertie en mosquée active.

Les architectes ont eu recours à des techniques innovantes pour concevoir un vaste espace intérieur dominé par un grand dôme central semblant flotter au-dessus de l’édifice. Pour soutenir une telle structure, les bâtisseurs ont imaginé un système de contreforts et de piliers, complété par une série de dômes et de demi-dômes plus petits, afin de répartir le poids et garantir la stabilité.

À l’extérieur, Sainte-Sophie arborait des mosaïques élaborées et des colonnes de marbre, tandis que l’intérieur était orné de panneaux de marbre, de feuilles d’or et de mosaïques colorées représentant des scènes et figures religieuses. Lors de sa consécration en 537 apr. J.-C., elle était la plus grande cathédrale du monde, un titre qu’elle conserva pendant près d’un millénaire.

Sainte-Sophie est non loin du palais Topkapi.

L'entrée se fait de façon aisée grâce à notre code QR.


Nous grimpons directement dans la galerie à l'étage. Lors de ma visite en 1994, nous pouvions visiter le rez-de-chaussée. Dany, qui visite Istanbul pour la première fois, est un peu déçu.


Les lustres monumentaux de Sainte-Sophie sont emblématiques de son identité ottomane. Introduits après la conquête en 1453 par le sultan Mehmed II, ces imposants luminaires, suspendus près du sol, mêlent structure byzantine et art islamique. Ils sont composés de bronze finement travaillé et de verre soufflé selon des techniques traditionnelles.

La galerie supérieure offre une vue imprenable sur la nef et préserve les plus célèbres mosaïques byzantines du monument, comme celles de l'impératrice Zoé. 




La célèbre Porte de Marbre (aussi appelée porte du Paradis et de l'Enfer) se trouve dans la galerie supérieure sud. Sculptée dans le marbre blanc, elle servait à séparer les espaces publics des salles de réunion privées lors des synodes byzantins. Ses deux côtés opposés représenteraient symboliquement le paradis et l'enfer.

Les huit disques calligraphiés monumentaux mesurent 7,5 mètres de diamètre. Créés au 19ème siècle par le calligraphe Kazasker Mustafa İzzed Efendi, ces panneaux en bois portent en lettres d'or les noms d'Allah, du prophète Mahomet, des quatre premiers califes et des petits-fils du Prophète.

Exécutée après 1122, la mosaïque des Comnène illustre l'empereur Jean II et l'impératrice Irène offrant des présents à la Vierge Marie, qui tient l'Enfant Jésus. Leur fils, Alexis, y est également représenté. La mosaïque des Comnène est l'un des chefs-d'œuvre les plus remarquables de l'art byzantin.

Cette œuvre du 11ème siècle  montre le Christ Pantocrator entouré de l'empereur Constantin IX Monomaque et de l'impératrice Zoé Porphyrogénète. Une petite anecdote historique, la tête de l'empereur et les inscriptions ont été modifiées au gré des trois mariages successifs de Zoé.

Le Christ Pantocrator est un chef-d'œuvre de l'art byzantin du 13ème siècle datant probablement de 1261, cette mosaïque symbolise la Déisis (supplication) où le Christ, entouré de la Vierge Marie et de Saint Jean-Baptiste.

La visite est déjà terminée malheureusement, on jette un coup d'œil aux dernières mosaïques au rez-de-chaussée.

La mosaïque date du 10ème siècle et représente la Vierge Marie  assise sur un trône tenant l'Enfant Jésus, entourée par deux des plus grands empereurs byzantins.
Placée au centre sur un fond d'or, Marie est assise sur un trône serti de pierres précieuses. Elle porte le Christ Enfant qui lève la main droite en signe de bénédiction. L'empereur Justinien (à gauche)  offre une maquette de la basilique Sainte-Sophie à la Vierge, symbolisant la construction du monument sous son règne au 6ème siècle. L'empereur Constantin (à droite) présente une maquette de la ville de Constantinople (Istanbul actuelle), symbolisant la fondation de la capitale impériale au 4ème siècle. Cette œuvre politique et religieuse légitime le pouvoir impérial en plaçant la cité et son plus grand monument sous la protection divine directe de la Vierge.

Nous prenons la direction de la Citerne Basilique, le 3ème monument de notre forfait. Ooooh mais non, elle est fermée pour travaux pour deux jours, le gardien nous dit de revenir après-demain. On râle, c'est la première fois que nous avons un tel problème avec GYG. Nous avons envoyé un mail pour avoir une réduction, nous n'avons jamais eu de réponse de leur part.

Bon, il est temps d'enclencher un plan B. On se dirige vers la Mosquée Bleue, la sublime Mosquée Bleue. 

La Mosquée Bleue est la plus grande mosquée d'Istanbul. Son nom en turc est "Sultanahmed Camii", qui signifie mosquée du sultan Ahmed, puisqu'elle a été construite par le sultan Ahmed Ier, entre 1609 et 1616. Elle a été inaugurée en 1617, sous le mandat de Moustapha Ier.

Elle se trouve en face de Sainte-Sophie et doit son surnom aux plus de 20 000 carreaux de faïence bleue d’Iznik qui décorent son intérieur. 


Avec ses six minarets, une rareté à l’époque qui rivalisait avec la grande mosquée de La Mecque, elle séduit aussi par sa luminosité, offerte par plus de 260 vitraux et d’immenses lustres illuminant la coupole centrale haute de 43 mètres. 

Son architecture incarne le sommet de l’art ottoman classique, avec une élégante succession de dômes et demi-dômes.




A l'entrée, nous nous déchaussons, pénétrons dans la mosquée et nous découvrons la raison de son nom : plus de 20 000 tuiles bleues, provenant d'Iznik, ornent le dôme et la partie supérieure de la mosquée. Quelle splendeur... L'éclairage est dû à ses 260 vitraux et aux lustres suspendus au plafond.





Les célèbres piliers dits « pattes d'éléphant » sont les quatre immenses colonnes circulaires de 5 mètres de diamètre qui soutiennent l'imposante coupole centrale, haute de 43 mètres pour un diamètre de 23,5 mètres.

La salle de prière est un chef-d'œuvre de l'architecture ottomane, célèbre pour ses dimensions grandioses et ses faïences uniques. La salle forme un rectangle de 64 mètres sur 72 mètres. 



Encore une merveilleuse découverte.

On se dirige vers la place de l’Hippodrome, reconnaissable à ses trois colonnes. Autrefois, l’Hippodrome de Constantinople, aujourd’hui intégré à la place Sultanahmet, était le cœur sportif et social de Byzance. Aujourd’hui, c’est une place publique normale, mais chargée de siècles d’histoire. Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1985, l'hippodrome fut construit par l’empereur Septime Sévère en 203 apr. J.-C., puis agrandi par Constantin Ier pour devenir l’un des plus grands hippodromes du monde. Long de 429 mètres, il pouvait accueillir jusqu’à 100 000 spectateurs venus assister aux courses de chars, aux cérémonies et aux fêtes, y compris sous l’Empire ottoman.

Il reste, néanmoins, trois monuments importants.

L’obélisque de Théodose, provenant de l’Égypte ancienne, a été rapporté de Louxor en 390 après J.-C. Taillé dans du granit rose et richement décoré, il se dresse encore aujourd’hui sur son socle de marbre, orné de scènes représentant l’empereur Théodose et sa cour.


La colonne du serpent, originaire de Delphes en Grèce et introduite dans la ville par Constantin en 331 après J.-C. Elle comportait autrefois trois têtes de serpent, mais il ne reste aujourd'hui qu'une partie de la base.

L’obélisque muré a été érigé sous le règne de l’empereur Constantin VII. À l’origine, il était recouvert de plaques de bronze, dérobées lors de la quatrième croisade au 13ème siècle. Endommagé par un puissant tremblement de terre en 1894, il ne subsiste aujourd’hui que son noyau de pierre.


Nous nous promenons sur cette belle place animée.


Le Hagia Sophia History and Experience Museum est un musée immersif de pointe inauguré en 2023 dans l'historique bâtiment Defter-i Hakani. Il retrace les 1 700 ans d'histoire de l'emblématique monument à travers des technologies audiovisuelles avancées.

La Fontaine allemande (en turc Alman Çeşmesi) est un monument néo-byzantin à l’extrémité nord de l’ancien Hippodrome de Constantinople. Offerte par l’empereur allemand Guillaume II au sultan Abdülhamid II, elle incarne l’amitié politique et diplomatique entre l’Empire allemand et l’Empire ottoman au début du 20ème siècle.

Tranquillement, nous reprenons le chemin du retour en nous baladant dans les ruelles stambouliotes.


Nous arrivons et faisons une halte pour flâner dans le bazar égyptien. Aussi appelé bazar aux épices, ce marché couvert situé à Eminönü est le deuxième plus grand d’Istanbul après le Grand Bazar. Il est célèbre pour ses étals d’épices, de thés, de loukoums et de fruits secs.







Nous empruntons à nouveau le Pont de Galata, mais par le niveau inférieur.








Depuis la rive opposée, nous avons de belles vues sur Sultanahmet, et sur Yeni Cami, la Nouvelle Mosquée.

Quelques dernières vues sur le palais de Topkapi.



En longeant la mer, nous passons devant le Musée d'Art Moderne. Juste devant, on peut admirer une œuvre de l’artiste turc Seçkin Pirim, installée pour son exposition personnelle intitulée *Remains* (« Kalıntılar »).



Nous arrivons au terminal avec 21 km dans les papattes. On va se féliciter avec un Prosecco, ha ha.


Nous contemplons le soleil couchant qui illumine cette superbe ville. La Mosquée de Cihangir (Cihangir Camii) est particulièrement célèbre pour son jardin paisible qui offre l'une des plus belles vues panoramiques sur le détroit du Bosphore et la péninsule historique.


Sur la gauche, on aperçoit la Tour de Galata construite à l'origine au 14ème siècle par la communauté génoise, cette structure médiévale en pierre mesure environ 63 mètres de haut et abrite aujourd'hui un musée d'histoire.




Quelle splendide journée... Nous sommes tombés sous le charme de Byzance, Constantinople, ou Istanbul. Et il y a encore tellement à découvrir....

Bref, on a aimé....


Le lendemain, nous profitons d'une journée en mer, pour découvrir le hammam, nous promener sur le bateau, assister à un "event" pour les Blue Diamond.












Nous voguons vers Corfou.

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