lundi 18 mai 2026

Italie - Naples, la Côte Amalfitaine et la Sicile - 7 - Herculanum

Deux voyageurs, deux cités, un volcan : suite de notre périple antique.

Après avoir parcouru les rues de Pompéi, entre temples en ruines et fresques encore éclatantes, nous laissons derrière nous cette ville figée par les flammes pour retrouver sa sœur plus discrète : Herculanum.

Moins vaste, mais incroyablement bien conservée, Herculanum nous promet une immersion plus intime dans la vie romaine. Le Vésuve, toujours là en toile de fond, nous rappelle que ces lieux ne sont pas que des vestiges,  ce sont des mémoires pétrifiées, des instants suspendus. 


Cette ancienne ville romaine prospère près de Naples, a été figée dans le temps par l'éruption du Vésuve en 79 ap. J.-C. Contrairement à Pompéi, elle a été ensevelie sous 15-20 mètres de boue volcanique, préservant remarquablement le bois, les étages supérieurs et des documents inestimables. Fondée, selon la légende, par Hercule, cette cité balnéaire était prisée de l'aristocratie romaine.


Herculanum a été découverte par hasard en 1709 lors du creusement d'un puits. Dès ce moment, des archéologues ont commencé à explorer la ville, mais c'est surtout à partir de 1927 que les fouilles actives ont réellement débuté. Il est presque impossible de tout mettre au jour, et une grande partie de la ville reste encore enfouie. À ce jour, seuls 5 des 20 hectares ont été excavés. 

Nous arrivons et dominons la ville qui semble se trouver dans une vallée. Moins fréquentée que Pompéi, Herculanum offre une visite plus intime et des vestiges remarquablement bien conservés.

Flavia nous a fait revivre Herculanum, comme on dit "on s'y est cru"...

Nous surplombons les fornici, les entrepôts du port, également utilisés comme abris pour les bateaux et situés sur la plage, qui à l’époque romaine était environ 500 mètres plus près qu’aujourd’hui. C’est ici que, en 1980, environ 300 squelettes humains ont été trouvés, décédés après l’éruption de 79 ap. J.C. et tués par la température élevée provoquée par les nuages ​​brûlants explosés par le volcan alors qu’ils cherchaient refuge vers la mer avec tous leurs biens, y compris des bijoux et des pièces de monnaie.







Nous entrons dans une première salle du Musée, le Pavillon du Bateau, cette visite nous permet de bien comprendre le pourquoi des vestiges retrouvés (objets couverts de boue, donc ils n'ont pas brûlés). 
Lors de la Catastrophe, Pompéi a reçu des cendres, Herculanum, elle,  a été recouverte par des coulées pyroclastiques (boues volcaniques) très chaudes, qui ont carbonisé les structures organiques (bois, papyrus) sans les brûler immédiatement, scellant la ville. Ci-dessous, des cordages bien conservés.




Découvert en 1982 sur l'ancienne plage d'Herculanum, le « bateau de bois » (ou barque de pêcheur) est une épave carbonisée datant de l'éruption du Vésuve en 79 apr. J.-C. Cette embarcation symbolise la tentative de fuite désespérée de quelque 300 personnes, dont les squelettes furent retrouvés à proximité, dans les hangars à bateaux (fornici), tués par la chaleur extrême.






Le Musée présente des meubles de bois brûlés, des bijoux, des éléments de vaisselle, le tout pratiquement intact.


Quelques meubles en bois.

















Après la visite du musée, nous traversons un pont qui nous permet de pénétrer sur le site.


Nous nous arrêtons près d'un établissement de restauration rapide à la romaine, utilisé pour servir des repas chauds aux habitants. Le comptoir en forme de L est décoré de mosaïques et comporte des jarres en terre cuite encastrées pour stocker les denrées.



 

Plus loin, nous visitons la Casa del Tramezzo di Legno (Maison de la Cloison de Bois) l'une des demeures patriciennes les mieux préservées d'Herculanum. Située dans l'Insula III, elle tire son nom d'une pièce unique d'ébénisterie romaine : une cloison pliante en bois carbonisé








La fameuse cloison en bois...



Nous entrons dans les thermes centraux, datant de la seconde moitié du Ier siècle av. J.C.  Comme d’usage d’antan, ils était divisés en 2 secteurs: le masculin et le féminin.

Depuis l’apodyterium (vestiaire) avec les niches typiques où les vêtements venaient déposés, on accède aux trois zones thermales: le frigidarium (chambre froide), le caldarium apsidal (chambre chaude) et le tepidarium, qui présente une splendide mosaïque aux carreaux noirs et blancs représentant un triton entre des dauphins, des poulpes, des calmars et un cupidon avec fouet.



Nous pénétrons dans les thermes pour les femmes réputés pour être exceptionnellement bien conservés, offrant une immersion intime dans le quotidien de l'époque romaine. Bien que plus petits que la section réservée aux hommes, ils présentent des détails architecturaux et artistiques raffinés.
La salle d'attente est une pièce carrée avec des bancs en maçonnerie le long des murs pour patienter.

La pièce la plus célèbre  est  l'Apodyterium (Vestiaire)  grâce à son sol en mosaïque noire et blanche représentant Triton entouré de dauphins, d'une pieuvre et d'un chérubin. La voûte est ornée de cannelures en stuc et des casiers permettaient de ranger les vêtements.




La Tepidarium (Salle tiède) est utilisée pour l'acclimatation, elle possède un sol en mosaïque à motifs géométriques (méandres).



La Caldarium (Salle chaude) est équipée d'un système de chauffage par le sol (hypocauste), elle contient  encore deux sièges en marbre (un blanc et un rouge) et une vasque pour les ablutions.


Nous arrivons au Siège des Augustales, qui est un magnifique édifice au plan quadrangulaire occupé par le collège des Augustaux, les affranchis (ancien esclave qui a été libéré par son maître) qui se consacrent au culte de l’empereur Auguste.

Il s'agit d'une vaste salle carrée dont le toit était soutenu par quatre colonnes centrales. Au fond se trouve un petit sanctuaire (sacellum) surélevé.

Ici, il y a des colonnes, des arcs, un sol en faïence et deux splendides fresques: sur le mur de gauche est représentée l’entrée d’Hercule dans l’Olympe accompagné de Jupiter, Junon et Minerve; à droite, la lutte d’Hercule contre Acheloo.






On peut observer les poutres calcinées mais présentes.


Nous poursuivons notre visite.


Plus loin, nous observons des fresques murales qui fournissaient  des indices sur la vie quotidienne des habitants.


Puis une belle fontaine.


La visite suivante sera dédiée à la Maison de Neptune et Amphitrite, la propriété d’un riche marchand de l’époque. Cette maison est célèbre pour la splendide mosaïque colorée représentant les deux personnages mythologiques enfermés dans un cadre fait de coquillages: l’œuvre orne un mur du triclinium d’été.

A l'entrée, la grande boutique pour le commerce du vin.



Nous pénétrons dans le patio.


L'intérieur de la Maison est magnifique, surtout la cour dont les parois, entièrement décorées, constituent le fond d'un triclinium découvert où nous découvrons un nymphée avec abside et, à côté, deux petites niches rectangulaires. 

Le nymphée est décoré à mosaïque et concrétions calcaires qui représentent des scènes avec chiens et cerfs, encadrées par des motifs de fleurs et des frises composées par feuilles et fruits. Le faîte est surmonté par une tète de silène et des masques de théâtre.

Sur la paroi à côté, à l'intérieur d'un grand panneau à mosaïque, Neptune et Amphitrite, les deux divinités d'où la Maison dérive son nom, sont représentés.







La Casa Sannitica est l'une des plus anciennes maisons retrouvées dans les ruines. Les experts pensent qu'elle était déjà debout environ 300 ans avant l'éruption du Vésuve. Avec son bel atrium, ses frises décoratives et ses murs stuqués, on pense qu'elle appartenait à une famille aristocratique de l'époque préromaine, d'où son nom de "maison samnite". Il ne reste aujourd'hui de la maison Samnite conservée que l'atrium et quelques pièces. 

                                         





Tout doucement, nous rebroussons chemin, non sans passer devant quelques beaux lieux.


Un reste de bois brûlé figé dans un mur.


Mais quelle visite, vivante,  nous avons beaucoup aimé ce site, un magnifique complément de Pompéi. 

Sur le chemin du retour, nous nous arrêtons dans un magasin de camées Apa à Torre del Greco. Nous assistons à une petite démonstration du travail du camée, une technique de gravure, voire de sculpture en bas-relief sur des coquillages marins à deux couches, une matière tendre plus facile à travailler et moins coûteuse que l'agate et l'onyx utilisés dans les camées durs monochromes qu'ont produits les artisans de l'Antiquité.





Eh bien, voilà une magnifique journée de découvertes....

De retour au bateau, nous avons le classique exercice de sécurité.



Ensuite, l' habituelle réunion d'informations et la présentation de l'équipage avec un jeune Commandant.




Nous quittons Naples en direction de Milazzo en Sicile.