vendredi 25 septembre 2026

Aux confins de l'Occident et de l'Orient - 10 - Istanbul - Palais de Topkapi

Nous arrivons à Istanbul avec une escale de 9h00 à 20h00. Nous accostons au terminal ultra-moderne de Galataport, situé dans le quartier historique de Karaköy le long du Bosphore.



Nous débarquons à 9h00 et nous nous dirigeons vers le Palais Topkapi. Nous pensions prendre le tramway, mais on est en forme et comme il y a du monde à l'arrêt, nous prenons la direction du Pont de Galata. Nous passons devant la Mosquée Nusretiye.


Plus loin, nous longeons le Musée d'Art moderne et la belle sculpture rouge le "Vertica Highways V02".

Situons-nous...

Le Pont de Galata, l'un des monuments les plus emblématiques d'Istanbul, relie le quartier historique d'Eminönü au quartier moderne de Karaköy au-dessus de la Corne d'Or. Une autre particularité, ce sont ces dizaines de pêcheurs à la ligne qui s'y rassemblent jour et nuit, créant une atmosphère unique et typique du quotidien stambouliote.


Au bout du pont, nous arrivons près de la Yeni Cami ou Nouvelle Mosquée du 17ème siècle.

Depuis la rive, on  voit bien les deux niveaux du pont.

Nous commençons à grimper vers Sultanahmet, le cœur historique et culturel  de la ville, situé sur la rive européenne. Ce quartier regroupe les monuments les plus emblématiques de la ville, comme la majestueuse Église Sainte-Sophie, la Mosquée bleue célèbre pour ses céramiques bleues, le Palais de Topkapı l'ancienne résidence des sultans ottomans, et la mystérieuse Citerne-Basilique.

La Grande Poste et Musée PTT.

Nous avons réservé un forfait avec 3 visites auprès de GYG (juste les entrées aux sites) et nous nous rendons à notre point de rendez-vous après une marche d'une quarantaine de minutes.

Une guide nous amène au Palais et plus précisément au Harem où nous avons une visite libre. Dans le groupe, une dame nous entendant parler français nous demande si elle peut se joindre à nous (nous sommes les seuls francophones). Elle s'appelle Jeannette et nous ferons la visite tous les trois.



Le palais de Topkapı a servi de résidence principale et de centre administratif aux sultans ottomans pendant près de 400 ans (de 1465 à 1853). Situé dans le quartier historique de Sultanahmet, il domine superbement le Bosphore, la Corne d'Or et la mer de Marmara.

Le Harem était le lieu où vivait le sultan, sa famille et un groupe de 500 à 800 femmes de haut niveau culturel formées à certaines compétences. La reine mère était la tête du harem.

Situé dans la deuxième cour du complexe palatial, ce réseau de structures comprend plus de 300 pièces, 9 bains, 2 mosquées et un hôpital, bien qu'une seule partie nous soit  accessible. Le Harem est renommé à travers le monde pour son architecture ottomane classique et ses somptueux revêtements de faïences bleues et vertes d'Iznik et de Kütahya.

Nous déambulons dans le harem pendant plus de 2 heures.

Nous sommes accueillis par un homme en costume traditionnel.



Ces carreaux bleu et blanc sont caractéristiques de la céramique d'Iznik.

Des gardes Zuluflu, en train de fumer des pipes à long tuyau, étaient chargés de la surveillance des quartiers privés du sultan.

Un des hammans des eunuques


Contrairement aux mythes occidentaux d'un lieu de pur plaisir, le Harem fonctionnait comme une école rigoureusement structurée et une institution politique. La Valide Sultan (Reine Mère) dirigeait l'intégralité du Harem d'une main de fer et exerçait une influence politique majeure sur le sultan. Les Concubines étaient des jeunes femmes, souvent captives qui recevaient une éducation poussée en langue turque, en islam, en musique, en écriture et en danse. Les Eunuques Noirs étaient commandés par le chef des eunuques, ces gardiens castrés étaient les seuls hommes (avec le sultan et les princes) autorisés à franchir les portes du Harem pour assurer la sécurité et l'administration.





Nous arrivons dans la Cour des Eunuques avec ses belles céramiques bleues et vertes. La Cour des Eunuques Noirs est la première section après la porte des Carrosses, habillée de magnifiques mosaïques en céramique.






La salle des eunuques noirs.




Une belle miniature racontant la vie du sultan Soliman le Magnifique.

Une autre miniature ottomane représentant le sultan Murad II entouré de sa cour.
Des toilettes.





Nous aboutissons dans une cour...


...nos pas nous mènent dans les Appartements de la Reine Mère  qui est le cœur géographique et hiérarchique du complexe. Le Salon Impérial est la plus grande salle du Harem, surmontée d'un immense dôme, où le sultan recevait ses proches et organisait des divertissements.


Une belle fontaine en marbre de style baroque ottoman.

Une des salle de bains de la Valide Sultan, la mère du sultan.


Le Hünkâr Hamamı (bain du sultan)  conçu au 16ème siècle par l'architecte Sinan, est somptueusement décoré de marbre blanc et de carreaux d'Iznik, il comprend des parties chaudes, tièdes et froides. Sa caractéristique la plus célèbre est sa grande baignoire de marbre protégée par une grille dorée.


Nous arrivons dans de magnifiques salons, dont cette salle d'audience.




La Salle impériale, la pièce la plus grande, la plus spectaculaire et la plus importante de tout le Harem  est située au cœur de la zone privée du palais, elle servait de salle du trône officielle et de réception pour le sultan au sein de sa structure familiale.




La Chambre Privée de Mourad III est un chef-d'œuvre architectural conçu par le célèbre architecte impérial Mimar Sinan, orné d'une fontaine en marbre intégrée.




La Chambre des Fruits est une merveille de l'architecture ottomane. Cette pièce privée est célèbre pour ses somptueuses peintures murales florales et ses coupes de fruits en trompe-l'œil.

Encore une cour...

La Route Dorée est un passage étroit et historique du 15ème siècle situé au cœur du Harem. C'est un véritable axe central entre les appartements privés du sultan et la cour des eunuques, elle tire son nom des pièces d'or que les princes et souverains y distribuaient lors des fêtes religieuses et des cérémonies d'intronisation..



Les cuisines.

La cour de la Reine Mère.

Une belle cheminée dorée.

C'est magnifique, wouaww....On n'a pas de mots tellement c'est superbe...

Ensuite, nous visitons le palais proprement dit, à notre aise.

Le palais de Topkapi est l'un des plus grands palais subsistants au monde. Il a été construit entre 1460 et 1478 sous les ordres du sultan Mehmed II, quelques années après la conquête de Constantinople. Le palais a servi de résidence aux sultans ottomans pendant près de quatre siècles. C'était également le siège administratif et éducatif de l'État.

Après la mort de Mehmed, une trentaine de sultans ont régné depuis le palais, le rénovant et l'agrandissant pour lui donner son aspect actuel - un mélange unique de styles architecturaux islamiques, européens et ottomans. Composé de quatre cours et de plus de 400 pièces, le palais abritait environ 4 000 personnes, dont 300 concubines dans le harem.

C'est depuis ce palais que les sultans ont érigé leur empire jusqu'au milieu du 19ème siècle.

Avec ses 700 000 mètres carrés, le palais de Topkapi possède quatre cours et de multiples bâtiments : une armurerie, une cuisine, des écuries royales et bien d'autres trésors.

 Nous arrivons dans la troisième cour et passons devant l'Arz Odasi, la Salle d'audience privée, mais elle est fermée.

Nous nous dirigeons vers le Musée des costumes impériaux.

Nous visitons la célèbre collection de costumes impériaux installée dans l’ancienne salle du dortoir du Corps expéditionnaire, située dans la troisième cour. Nous y découvrons plus de 3000 pièces, allant des caftans de cérémonie tissés d’or et d’argent aux uniformes, coiffes et broderies florales. Côté tapisseries et textiles, la collection comprend aussi de somptueux tapis de prière, des housses en tissu et des tentures murales, tous soigneusement préservés depuis l’époque ottomane.



Les chemises talismaniques sont des vêtements protecteurs ottomans (14-17èmes siècles) ornés de versets coraniques, de symboles mystiques et de formules numérologiques, portés pour se protéger des ennemis, des maladies et de tout malheur.







Nous passons devant quelques vitrines  avec des bijoux en or, des éléments cérémoniels en or ornés de pierres précieuses colorées, des boîtes décoratives.





Nous passons par un petit balcon.

Puis, nous entrons dans la salle du Trésor contenant certains des objets les plus précieux au monde, tels que le diamant du fabricant de cuillère (un diamant de 88 carats ayant appartenu à Letizia Ramolino, la mère de Napoléon) ou le poignard de Topkapi (l'arme la plus chère du monde, construite en or avec émeraudes).

Des aigrettes ou ornements de turban.


Le trône d’or du sultan Murad III, datant de 1585, est un véritable bijou de l’orfèvrerie ottomane. Ce somptueux siège cérémoniel est entièrement recouvert de plaques d’or et orné de 957 péridots étincelants.

L'armure de cérémonie du sultan Mustafa III, du 18ème siècle.

Le poignard de Topkapi (ou dague de Topkapı) est une arme de cérémonie ottomane du 18ème siècle, considérée comme l'un des objets les plus précieux et célèbres au monde, estimée à plus de 50 millions de dollars. Oups, rien que ça....Mais il est bien gardé.....
Ce poignard incurvé se distingue par sa richesse ornementale exceptionnelle. Le manche en or arbore trois énormes émeraudes de Colombie, complétées par une quatrième plus petite formant le pommeau.  Le reste de la poignée et le fourreau en or sont incrustés de dizaines de diamants et de rubis scintillants. Une montre miniature luxueuse et secrète est astucieusement intégrée à l'extrémité du pommeau. Mesurant 35 centimètres, le fourreau en or massif est finement ciselé et décoré de motifs émaillés.

Le célèbre berceau royal est recouvert de plaques d'or massif et richement incrusté de pierres précieuses, notamment des émeraudes, des rubis et des diamants.

Une collection de bijoux.

Quelques armes et armures historiques.



Le collier de l'Ordre de Saint-Alexandre est une prestigieuse décoration honorifique issue du Royaume de Bulgarie.

Nous arrivons dans la section  des épées richement décorées.

Plus étonnant, on peut voir des bouteilles à eau de rose ornées de turquoises.
Un trône richement décoré.

Une miniature du trône du sultan Abdülmecid, qui contient l'une des pus grandes perles du monde.

Quelques corans.


Des chandeliers en or massif.

Le palais de Topkapi a été transformé en musée en 1924 après l'abolition de la monarchie ottomane. Il comprend une collection impériale de livres rares, de manuscrits, de volumes illustrés, les reliques sacrées du prophète Mahomet, des copies initiales du Coran, des robes ottomanes, le trésor royal, des armes, des portraits....

La bibliothèque d'Ahmed III, construit en 1719 est un chef-d'œuvre de l'architecture ottomane  située au cœur de la troisième cour du palais de Topkapi. Conçue avec un plan octogonal surmonté d'un dôme, elle intègre des influences néoclassiques et de magnifiques carreaux d'İznik du 16ème siècle. Elle recelait plus de 3 500 manuscrits en arabe, persan et turc ottoman.




La carte de Piri Reis est un fameux portulan réalisé en 1513 par le cartographe ottoman du même nom. Retrouvée en 1929 au Palais de Topkapi à Istanbul, cette pièce historique se distingue par la précision avec laquelle elle représente les côtes ouest de l’Afrique et est de l’Amérique du Sud, d’après diverses sources, dont certaines cartes de Christophe Colomb.


Nous nous dirigeons vers la Chambre des Reliques Sacrées située dans la troisième cour qui abrite une collection inestimable d'objets vénérés de l'Islam, rapportés par le sultan Selim Ier en 1517 après sa conquête de l'Égypte.
Jeannette, notre charmante algérienne nous sert de guide, ce qui rendra cette visite encore plus intéressante.



Le bras  de Jean le Baptiste est conservé dans la section des Reliques Sacrées. Ce reliquaire en or massif et argent est orné de pierres précieuses. Il contient un os de l'avant-bras ainsi qu'une partie du crâne du Précurseur, transférés depuis Antioche au 10ème siècle.

L'empreinte de pied du prophète Mahomet, connue sous le nom de Kadem-i Şerif, est une relique sacrée rapportée d'Égypte au 16èmè siècle, cette empreinte est conservée dans un somptueux coffret en or.


Le Saint Manteau est la relique la plus sacrée de l'Islam offerte par le prophète Mahomet. Il est précieusement gardé dans la Chambre des Saintes Reliques, enveloppé dans quarante tissus protecteurs  à l'intérieur d'un double coffret en or.

Tout le long de la visite, un imam récite le Coran, une tradition maintenue dans ce lieu.



Quelques documents anciens.

Plus loin, quelques reliques sacrées comme des sandales et des épées attribuées au prophète Mahomet.




Juste à côté, le musée de la Calligraphie située dans les anciennes dépendances du palais, elle expose des manuscrits rares, des rouleaux calligraphiés, des miniatures et des outils d'écriture anciens utilisés par les maîtres ottomans et des sultans eux-mêmes. Là, je suis dans mon élément....







Nous arrivons dans la 4ème cour qui est le sanctuaire privé du sultan et de sa famille. Ces "terrasses-jardins" offrent une vue imprenable sur le Bosphore et abritent des pavillons ornés de céramiques d'Iznik   appelés Kiosques.


Nous visitons le Grand Kiosque avec son intérieur assez riche....





Depuis la terrasse, on profite d’une vue imprenable sur la Corne d’Or, le détroit du Bosphore et la mer de Marmara. Perchée à la pointe du Sérail, cette position stratégique offrait aux sultans ottomans un contrôle idéal sur toutes les entrées maritimes de la ville.

Au loin, Dany aperçoit le Palais de Dolmabahçe.

Inauguré en 1973, le pont du Bosphore est un pont suspendu de 1 560 mètres, et il est historiquement le premier à relier physiquement l’Europe et l’Asie.

Le MSC Lirica en face.


La sympathique Jeannette avec qui nous avons passé quelques heures agréables.

Nous rejoignons la première cour et visitons les cuisines impériales.







Nous terminons par une exposition dédiée à l'art de la préparation du café. Le café a été introduit à Istanbul au 16ème siècle, et les sultans de Topkapi employaient des kahveci usta (maîtres cafetiers) pour préparer et servir le breuvage dans des tasses richement décorées.








C'est superbe, quelle magnifique découverte. Nous faisons nos adieux à Jeannette avant de poursuivre nos visites.